Dimanche sur Canal +, l'attaquant français a réaffirmé son envie de participer au mondial 2018. Le Français n'a pas joué avec les Bleus depuis octobre 2015.

Karim Benzema garde un infime espoir, enfoui tout au fond de lui, de pouvoir jouer la Coupe du monde de 2018 en Russie. Un espoir de façade tout du moins car, comme il l'a confié dimanche sur Canal +, "tant que Didier Deschamps sera le sélectionneur, [il n'aura] pas la chance de retourner en équipe de France". L'attaquant vedette du Real Madrid n'a pas joué avec les Bleus depuis octobre 2015, et il se fait une raison.

"Bien sûr que j'y crois, j'y crois toujours ! Mais ça fait plus deux ans et demi, il ne faut pas être bête", a affirmé le buteur de 29 ans (81 sélections, 27 buts), non retenu chez les Bleus depuis le début de l'affaire du chantage à la sex-tape à l'égard de son coéquipier Mathieu Valbuena, et pour laquelle il est mis en examen. Participer à la Coupe du monde, "c'est compliqué, mais bien sûr que j'en ai envie, j'aime cette compétition, cette pression. J'ai envie de gagner quelque chose avec mon pays", a-t-il dit.

Discussion "au point mort" avec Didier Deschamps

Avec Didier Deschamps, "il n'y a pas de discussion, c'est au point mort. Je l'ai eu au téléphone avant l'Euro et il n'y a pas eu d'explication. Comme il m'a montré du respect et après il m'a tourné le dos, c'est blessant", a souligné Karim Benzema. L'attaquant, non retenu pour l'Euro-2016, avait estimé dans une interview dans le quotidien espagnol Marca que le sélectionneur avait "cédé à une partie raciste de la France".

Selon lui, cette phrase "a été mal comprise, c'était un contexte différent. Je suis obligé de dire une telle phrase, quand on entend le président (de la Fédération française de football) Noël Le Graët dire qu'il reçoit des tonnes de lettres à mon égard avec des propos racistes, et après dans une interview il dit: 'Vous voulez que je dise quoi, à mort l'Arabe ?' Je peux me poser des questions, quand même ! Ensuite, tout s'est mélangé, on a oublié le sportif". Interrogé sur d'éventuelles pressions sur Didier Deschamps, Karim Benzema a répondu: "C'est possible, puisque beaucoup de politiques se sont mêlés de cette histoire, on peut se poser des questions".

 "Je n'ai jamais eu aucun souci avec un joueur en équipe de France" 

Mais certaines choses le mettent toujours en colère. "Je ne suis pas un perturbateur, ça me rend fou !", s'est ainsi exclamé le Français, interrogé sur l'éventuelle crainte du sélectionneur français que sa présence trouble l'harmonie de son groupe. "On a une image qui n'est pas la mienne". Les joueurs seraient-ils inhibés par sa présence en sélection ? "Ca, je ne sais pas, en tout cas je n'ai jamais eu aucun souci avec un joueur en équipe de France. Il y a des choses qui se passent et qui restent entre footballeurs. Je n'ai eu aucun problème avec personne, il y en a que je croise en préparation, c'est toujours bien de les voir", a-t-il avancé.

Enfin, concernant les écoutes téléphoniques liées à l'affaire de la sex-tape, déjà publiées dans la presse et qui laissaient entrevoir une certaine désinvolture, Karim Benzema s'est défendu: "Quand on appelle un pote, on a un autre language. J'ai trouvé lâche de montrer ça aux gens, d'inventer, parce qu'en plus, ce n'était pas exactement ça. Il faut qu'on parle de foot, il faut arrêter l'extra-sportif". Interpellé jeudi par les médias sur le cas Benzema, Didier Deschamps avait répondu: "Vous avez la liberté d'ouvrir les débats sur qui vous voulez, quand vous voulez, en donnant une résonance médiatique plus ou moins importante. (...) Ce n'est pas quelque chose qui me dérange ou qui va me faire dévier de mon chemin et de l'idée directrice que j'ai par rapport à l'équipe de France".

 

Lepoint

 

Équipe de France : Benzema règle ses comptes avec Deschamps