Au Mondial de l’automobile qui vient d’ouvrir ses portes à Paris, on parle beaucoup de voitures électriques. Mais on sait aussi que pour accroître les volumes de vente, le prochain grand défi sera d’ouvrir des usines en Afrique subsaharienne.

Dans les années à venir, le nouveau territoire de conquête, pour les constructeurs automobiles, sera le continent africain. Ils sont conscients qu’en 2015, dix des vingt économies les plus dynamiques de la planète s’y trouvaient.

C’est pourquoi, lors des conférences de presse qui marquent l’ouverture du Mondial de l’automobile à Paris, la question est régulièrement adressée aux grands patrons du secteur : « A quand des usines automobiles en Afrique subsaharienne ? »

« D’ici dix ans », répond Jürgen Stackmann, membre du directoire de Volkswagen, en charge du marketing. « L’Afrique est un marché qui offre beaucoup d’opportunités mais aussi pas mal de difficultés. C’est un continent promis à un grand avenir, mais nous devons encore l’étudier pour mieux le comprendre. C’est pourquoi, pour l’heure, nous explorons ce marché depuis l’Afrique du Sud, où nous avons une usine », précise-t-il.

Surtout des véhicules d’occasion

Volkswagen, qui fait face à d’autres défis avec le scandale du « dieselgate », reste prudent. Il faut dire que l’Afrique est surtout un continent qui importe des véhicules d’occasion. Il compte peu d’usines de fabrication automobile. Toutes sont au Maghreb ou en Afrique du Sud.

Dans la partie centrale, on ne trouve pas d’usine de fabrication, mais seulement des sites d’assemblage, qui importent des véhicules en pièces détachées et les montent sur place. Ce procédé permet souvent de ne pas payer de lourdes taxes d’importation. Ces sites d’assemblage sont en principe aux mains d’un partenaire local. Ce sont des investissements légers pour les constructeurs, sans rapport avec la construction d’une véritable usine.

De nombreux constructeurs pénètrent les grands pays d’Afrique subsaharienne de cette façon. C’est ce que vient de faire PSA Peugeot Citroën en Éthiopie. Le groupe vient d’y implanter une usine qui doit assembler des 301, 208 et 2008 au rythme de 1 000 voitures par jour.

En revanche, PSA doit ouvrir une véritable usine de fabrication au Maroc. « La première pierre doit être posée au printemps, dit Carlos Tavares, président du directoire du groupe. Et nous avons également des discussions avec l’Algérie. »

Multiplier les ventes par cinq

Peugeot emboîte ainsi le pas à Renault, qui a déjà construit une usine importante au Maroc pour y fabriquer des Dacia. Le constructeur au lion affiche des ambitions importantes en Afrique : « Nous voulons y vendre plus d’un million de véhicules par an en 2025. Cela veut dire multiplier nos ventes par cinq par rapport à aujourd’hui », indique Carlos Tavares.

Les constructeurs européens ne veulent pas passer à côté du décollage africain. Il faut dire qu’ils sont en concurrence avec les Chinois qui regardent énormément vers ce continent. Ils fabriquent des véhicules à bas prix bien adaptés et profitent aussi de relais politiques, grâce à la coopération Chino-Africaine qui a pris de l’ampleur depuis dix ans.

 

SOURCE : la-croix.com

Les constructeurs automobiles regardent vers l’Afrique