« Aujourd’hui, je bouge à nouveau mes doigts, j’ai réussi à prendre une bouteille, à verser son contenu dans un récipient, et même à saisir un bâtonnet pour remuer. Le tout sans bras robotisé, avec mes vraies mains. Je n’aurais jamais cru que ce serait possible. C’est un formidable début vers l’autonomie. Pour moi et pour d’autres », s’exclame Ian Burckhart.

En 2010, ce jeune Américain revient tétraplégique de vacances au bord de la mer. Il s’est brisé le cou en plongeant. Totalement paralysé à partir de la cinquième vertèbre cervicale, il a perdu le contrôle de ses membres inférieurs mais aussi de ses avant-bras et de ses mains. Il peut juste remuer les épaules et les bras jusqu’au coude. Alors, quand deux équipes – celle du neurologue Ali Rezai, de l’université d’Etat de l’Ohio, et celle de Chad Bouton et Nicholas Annetta, de l’institut de technologie Battelle Memorial, à Columbus (Ohio) – lui proposent de participer à un essai clinique de dérivation neurale, un nouveau système qui pourrait redonner vie à ses mains, il n’hésite pas très longtemps. Certes, il lui faut accepter de se faire placer dans le cerveau un implant composé de 96 électrodes, au contact du cortex moteur. Mais il s’agit d’une toute petite puce avec des électrodes de 1,5 millimètre.

Prototype

Après de longs mois d’entraînement, le jeune homme est convaincu que le jeu en valait la chandelle. N’est-il pas le premier paralysé au monde à contrôler en temps réel les mouvements de ses mains à partir de l’enregistrement des signaux de son cerveau ? D’ordinaire, le cortex moteur pilote les mouvements en envoyant ses commandes aux quatre membres via la moelle épinière. La dérivation neurale consiste à faire la même chose en contournant la moelle épinière lésée lors de l’accident. Certes, le système en est au stade du prototype et M. Burckhart ne peut pas encore en profiter à domicile. Mais, à seulement 24 ans, il est conscient de tester une technologie émergente qui pourrait grandement améliorer sa vie

Les interfaces cerveau-machine se sont beaucoup développées depuis une quinzaine d’années sous l’impulsion notamment de Miguel Nicolelis, de l’université Duke en Caroline du Nord. Ces systèmes, encore en phase de test pour la plupart, parviennent à décoder les signaux du cortex moteur cérébral afin de piloter par la pensée une prothèse : ordinateur, bras robotisé ou encore exosquelette. Ainsi, en 2003, l’équipe de M. Nicolelis parvint à ce que des singes contrôlent un bras robotisé, à travers une électrode implantée dans leur cortex moteur. Et l’Américain John Donoghue, aujourd’hui directeur du centre Wyss au Campus Biotech de Genève, fut le premier à implanter des électrodes en 2011 dans le cortex moteur d’une Américaine afin qu’elle pilote un bras robotisé.

« Un pas de plus »

« Avec la dérivation neurale, l’équipe américaine franchit un pas de plus », reconnaît John Donoghue. Il s’agit cette fois d’une interface cerveau-main : à partir du décodage des signaux cérébraux, le système permet à la personne de piloter en temps réel le mouvement de ses propres doigts, grâce à un stimulateur musculaire apposé sur son avant-bras.

Lire l'article depuis sa source

 

Flash sante

  • 16:02 À Washington, l'expérience "Game of Thrones" autour d'un cocktail
    C'est l'une des série télévisées les plus populaires de l'histoire : "Games of Thrones" a fait son retour dimanche pour une septième et avant-dernière saison, pour le plus grand bonheur des fans. Et à cette occasion, un bar éphémère sur le thème de la série a vu le jour a Washington. Bannières des grandes familles accrochées aux murs, dragon miniature et réplique du très convoité Trône de fer... Le décor est inspiré de la série jusqu'au moindre détail, et les fans sont au rendez-vous.
  • 10:18 La France lève l'interdiction des soins funéraires aux personnes séropositives
    À partir du 1er janvier 2018, les personnes porteuses du VIH ou d'une hépatite pourront bénéficier en France des soins funéraires, selon un arrêté paru jeudi au Journal officiel. Une attention qui leur était interdite depuis 1986.
  • 18:02 Vaccins obligatoires en France : une nécessité de santé publique ?
    Édouard Philippe l'a annoncé lors de son grand oral du 4 juillet : son gouvernement souhaite rendre obligatoire une liste de onze vaccins pour la petite enfance. Trois d'entre eux l'étaient déjà. Huit autres, jusqu'ici recommandés, seront désormais imposés. Le gouvernement souhaite aller vite et voter la loi dès l'automne, mais des associations de parents et certains médecins expriment leur désaccord. Pourquoi la polémique enfle-t-elle ? Quels sont les risques et les bénéfices de ces vaccins ?
  • 20:36 France : les vaccins inquiètent toujours
    En 2018, onze vaccins seront obligatoires en France, contre trois aujourd'hui. Cette annonce de l'exécutif relance le débat sur la vaccination, dont près de 40% des Français se méfie. Les vaccinosceptiques sont très actifs sur Internet. Pour ceux qui y sont favorables, les vaccins souffrent de leur "bénéfice invisible". François de Rugy est critiqué pour des propos tenus à l'Assemblée nationale alors qu'il croyait son micro coupé. Il s'est défendu en expliquant parler d'un SMS qu'il avait reçu.
  • 14:49 France : les médicaments à base de codéine disponibles uniquement sur ordonnance
    Le ministère français de la Santé a annoncé, mercredi, que les médicaments contenant de la codéine ne seraient désormais disponibles que sur ordonnance afin de mettre un terme à l'usage détourné de ces produits.
  • 12:33 Allemagne : bientôt la fin de route pour le diesel?
    Rien ne va plus au pays du diesel. Pour protéger l’environnement, plusieurs villes allemandes dont Stuttgart, Munich et Hambourg vont interdire aux véhiculent les plus polluants de circuler en centre-ville. La mesure, en vigueur à compter du 1er janvier 2018, concerne 70% du parc de diesels du pays. Si certains se réjouissent de respirer un air plus frais, d’autres s’inquiètent pour la valeur de leur véhicule et s’estiment floués par les constructeurs, accusés d'avoir truqué les moteurs.
  • 11:45 Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, annonce la fin du diesel et de l'essence d'ici à 2040
    Éradication des passoires thermiques, fin de la vente des voitures essence et diesel d'ici à 2040, prime au rachat d'un véhicule propre... Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a dévoilé jeudi son plan climat pour la France.
  • 14:50 Les ONG s’inquiètent du vote européen sur les perturbateurs endocriniens
    Les États membres de l'UE ont adopté mardi des critères de définition visant à réglementer l'usage des perturbateurs endocriniens. La France a voté en faveur du texte. Plusieurs ONG déplorent le manque d'ambition des mesures prônées.
Un tétraplégique peut à nouveau bouger son bras